La
grotte de la Balme à Collomb est aujourd'hui fermée
au public et doit rester un conservatoire pour l'ours des
cavernes. Alors, le musée vient vous présenter
le résultat des recherches menées sur l'ours
des cavernes. L'aspect ludique et pédagogique du lieu,
dans lequel le visiteur pénètre comme dans une
grotte, est au service d'une démarche très scientifique
: se glisser dans la peau du paléontologue et de ses
autres collègues scientifiques. Imaginez
vous
arrivez sur le site de la découverte pour la première
fois. Après avoir gravi les 600 mètres de dénivelé
qui conduisent à la grotte (à 1700 mètres
d'altitude), vous entrez dans la grotte aux ours. Il fait
une température constante d'environ 1.5 C°, avec
un taux d'humidité de plus de 90 %, des vents de 30
à 40 km/h et de la boue recouvre tout le sol. Au sol,
vous découvrez tout autour de vous des os, os longs,
vertèbres, crânes
Quelle excitation pour
votre curiosité !!! Imaginez maintenant que vous êtes
paléontologue : à votre avis, que feriez vous
devant une telle découverte, que voudriez vous connaître
et surtout, surtout, comment vous y prendriez vous pour apporter
des réponses à vos questions ?
Voici quelques questions que les scientifiques se sont posés
et que vous pourrez vous poser également, questions
auxquelles le musée apportera les réponses :
que venaient faire ces ours dans cette grotte et pourquoi
sont-ils si nombreux ? Depuis combien de temps sont-ils là
? Quelle démographie observe t-on dans la grotte ?...
Que venaient faire les ours des cavernes dans cette grotte
de la Balme à Collomb ?
L'ours des cavernes venait hiverner, c'est-à-dire qu'il
venait passer les longs mois d'hiver à l'abri. On parle
d'hivernation et non d'hibernation, car cet animal menait
seulement une vie ralentie. Il était en semi léthargie
et non pas plongé dans un sommeil profond comme par
exemple la marmotte qui est un hibernant profond. Pendant
cette période, la température corporelle de
l'ours s'abaisse, tout comme son rythme cardiaque, mais de
façon moins importante que la marmotte, ce qui fait
qu'il est facile de réveiller un ours pendant son hivernation.
D'ailleurs il peut, s'il fait beau, se réveiller, sortir
de sa grotte et boire même, puis se rendormir. Par contre,
il ne mange jamais pendant la période de l'hivernation.
C'est pour cela qu'il fait ses réserves de graisse
à l'automne.
Quelle
répartition démographique dans la grotte ?
L'étude des os longs trouvés dans la grotte
a permis d'établir que plus de 60% des ours trouvés
sont des oursons morts avant d'avoir atteints l'âge
adulte, trop jeunes et fragiles pour avoir supporté
les rigueurs de l'hiver. A l'extrême, de nombreux ossements
de très vieux ours, morts de vieillesse, ont également
été trouvés, tout comme les ossements
de jeunes femelles, à peine adultes, mortes sans doute
fragilisées par leur première mise bas. En effet,
la femelle de l'ours des cavernes met bas au début
de l'hiver dans la grotte. Puis, elle se rendormira et les
oursons téteront son lait, à l'abri et au chaud
sous sa fourrure. Très fragiles à leur naissance
(les oursons naissent aveugles et ne pèsent pas plus
de 400 grammes), le premier hiver est un cap difficile à
passer pour ces oursons. Quand ils sortiront au printemps
ils pèseront déjà 4 à 5 kg.
Comment comprendre que l'on ait découvert autant
d'os dans un même lieu ?
Si l'on a découvert autant d'ossements, c'est bien
à cause de la durée d'occupation de la grotte
: elle a été occupée par les ours pendant
21 000 ans, de - 45 000 à - 24 000 ans. Cette durée
d'occupation est très importante. Les ours vivaient
en solitaire et chaque hiver, il y avait au moins un ours
ou une famille qui venaient hiverner. Emettons une hypothèse,
comme le font les scientifiques : si UN ours mourait dans
cette grotte tous les deux ans, dans son sommeil, de froid,
de faim, de vieillesse ou de maladie, sur la durée
d'occupation de 21.000 ans, cela laisse supposer que l'on
peut retrouver plus de 10.000 squelettes dans la grotte !!!
Ce sont tous ces squelettes qui, accumulés pendant
21.000 ans, font l'originalité et l'exception de ce
site, l'un des plus gros gisements d'ours des cavernes que
l'on ait découvert en Europe jusqu'à ce jour.
Que nous apprennent les ossements trouvés dans la grotte
sur les particularités des ours des cavernes?
Il a les pattes arrières plus petites que les pattes
avants. Il a donc l'arrière train qui penche vers le
sol. Au sommet de son long cou, une bosse lui sert de réserve
de graisse pour son hivernation. Son museau, en forme de groin
comme les cochons, penche lui aussi vers le sol, le tout donnant
à l'animal une forme que l'on pourrait surnommer de
" pyramidale ".
Les ossements retrouvés ont permis
aux paléontologues de faire d'intéressantes
découvertes sur les maladies dont pouvait souffrir
cet animal : il était notamment atteint d'arthrose
!...vivant dans un milieu très humide et froid. Les
traces de fractures et autres blessures sur les ossements
laissent imaginer d'autres causes de mortalité ou
d'handicap chez ces animaux.
D'étranges traces sur des os ont aussi permis aux
chercheurs d'affirmer que ces animaux avaient des pratiques
nécrophages : en fin d'hivernation, s'ils ne pouvaient
sortir de la grotte, ils se nourrissaient des restes de
leurs congénères morts et en particulier des
jeunes oursons morts l'hiver précédent, dont
les os et les cartilages tendres ont été retrouvés
particulièrement rongés !
Les dents, et les mandibules en général, ont
aussi permis de découvrir que l'ours des cavernes
devait être majoritairement végétarien
: on peut déduire cela du volume de l'usure et de
la forme des dents, ainsi que de l'évolution générale
de la denture des ours des cavernes au cours de leur évolution
(disparition des prémolaires caractéristiques
des carnivores et développement des molaires broyeuses
caractérisant les herbivores).
Pourquoi n'y a-t-il plus d'ours des cavernes aujourd'hui
?
L'ours des cavernes a été un animal uniquement
Européen. Il est apparu sur terre il y a 150 000 ans
et a disparu il y a 15 000 ans. En Chartreuse, on a trouvé
des preuves de son passage lors de la dernière ère
glaciaire, à la fin du Würm. On sait très
peu de choses sur les raisons de sa disparition. Peut-être
le réchauffement du climat qui caractérise la
fin de la période du Würm n'a-t-il pas convenu
à l'espèce qui préférait les grands
froids, ou la présence de l'Homme, de plus en plus
importante, a-t-elle contribué à sa disparition
en réduisant ses niches écologiques. En réduisant
le nombre d'individus de l'espèce, les problèmes
de croisement et de consanguinité entraînent
ensuite un affaiblissement de l'espèce pouvant aller
jusqu'à sa disparition complète. L'hypothèse
de sa disparition à cause d'une chasse excessive de
la part de l'homme préhistorique ne semble pas être
retenue par les scientifiques : il devait être très
peu chassé, à part les animaux trop faibles,
car l'animal devait être un gibier trop dissuasif aux
vues de sa taille et de sa force.
En comparaison, l'ours brun a survécu aux temps préhistoriques
et existe toujours sur le continent, représenté
par plusieurs sous-espèces. L'ours brun n'est pas,
contrairement à ce que l'on pourrait croire, le descendant
de l'ours des cavernes mais son lointain cousin. Il est apparu
sur terre bien avant l'ours des cavernes (vers 1,2 millions
d'années), les deux espèces ont des ancêtres
communs mais, sur l'arbre généalogique de la
famille des ursidés, deux branches bien distinctes
se sont séparées il y a environ 800.000 ans,
l'une pour donner l'espèce ours des cavernes, aujourd'hui
éteinte, l'autre ayant donné le jour a l'espèce
ours brun, toujours bien vivante.
Pourquoi n'a-t-on pas découvert cette grotte avant
1988 ?
Il y a 24 000 ans (datation des ossements en surface dans
la grotte, les plus récents) l'entrée par laquelle
les ours accédaient à leur lieu d'hivernation
a été bouchée par un éboulement
de pierre, ce qui a préservé ce site de toute
intrusion, humaine ou animale, de -24.000 ans à la
fin des années 1980. Pendant cette période,
les lieux sont restés tels que les derniers ours les
avaient laissés après avoir hiverné,
avec tous les squelettes qui s'y étaient accumulés
pendant les 21.000 ans durant lesquels les ours l'ont régulièrement
fréquenté.

Voici notre hôtesse, Collombine.
Elle vous accueillera au musée de l'ours des
cavernes, digne représentante de son espèce,
"Ursus spelaeus", les ours des cavernes. |
| Fiche
d'identité de l'Ours des Cavernes |
| Nom
: |
Ursus
spélaeus, ours des cavernes. |
| Famille
: |
Ursidés,
mammifère plantigrade |
| Ordre
: |
Classé
dans l'ordre des Carnivores par les scientifiques,
par rapport avec la taille de ses canines,
c'était pourtant un animal au régime
alimentaire omnivore (la viande ne représente
qu'environ 15% de son alimentation) |
| Apparition
sur terre : |
Fin
du pléistocène moyen, il y
a environ 150.000 ans. |
| Disparition
de sur terre : |
Fin
de la dernière époque glaciaire,
il y a environ 17.000 ans. |
| Aire
de répartition géographique : |
Europe
méridionale. Zones tempérées
humides, en plaine ou montagne. |
| Poids
moyen : |
350-450kg
pour le mâle, 300-350kg pour la femelle. |
| Longueur
moyenne : |
2,50m. |
| Hauteur
moyenne au garrot : |
1m. |
| Hauteur,
dressé sur les pattes arrières
: |
Jusqu'à
3m50 |
| Longévité
: |
20/25
ans. |
| Reproduction
: |
À
partir de la cinquième année
chez l'ourse, avec une portée de
1 à 3 oursons en principe tous les
deux ans. |
| Activité
hivernale |
L'ours
des cavernes passait l'hiver à "
hiverner ". Ce terme est préféré
à celui d' " hiberner "
car il s'agissait d'un état de semi
léthargie et non pas d'une léthargie
profonde qui caractérise l'hibernation |
|
|
 |
| La
Balme à Collomb |
| Localisation
: |
Flanc
ouest du massif du Granier (1933 m), sur
la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse. |
| Altitude
: |
1700
m. |
| Accès
: |
Suivre
le GR®9, au départ du hameau de La Plagne. |
| Intérêt
spéléologique : |
Appartient
au réseau du Granier, 3ème réseau français
avec 57 km de galeries. |
| Caractéristique
: |
Deux
grands porches d'entrée, d'environ 10 m
de large et de hauteur, reliés entre eux
par le sentier d'accès au Granier. |
| Originalité
: |
Découverte
d'un exceptionnel gisement paléontologique
d'ours des cavernes, dans la partie de la
grotte appelée la " Galerie des Ours ". |
| Découverte
du gisement : |
Le
13 novembre 1988. |
| Découvreurs
: |
Pierre
Guichebaron et Marc Papet, du Spéléo-Club
de Savoie. |
| Particularité
: |
Galerie
aujourd'hui fermée au public, mais dont
les résultats sont exploités au Musée de
l'Ours des cavernes, le seul musée européen
consacré à l'ours des cavernes. |
|
|
| Si Ursus spelaeus se prénomme
ainsi - en grec, Spêlaion signifie "la caverne"
- c'est en raison du rôle primordial que jouaient
les grottes dans ses habitudes de vie, lieux de prédilection
pour passer les rigueurs hivernales. En Chartreuse,
la grotte de la Balme à Collomb fut un lieu d'hivernation
majeur. |
...Vous découvrirez tous ces secrets dans le musée
et encore bien d'autres sur l'ours des cavernes, tout en vous
initiant aux secrets des paléontologues, pour partir
sur les traces de l'ours des cavernes !
Vous souhaitez en savoir plus sur L'OURS DES CAVERNES ???
" La Balme à Collomb. De la grotte… au Musée de l'ours
des cavernes " est le catalogue du musée. C'est un ouvrage
qui reprend tout le contenu scientifique du musée, développant
même des parties encore peu abordées au musée.
Financé par EDF, écrit par les responsables scientifiques
du musée, c'est un outil scientifique. Il est disponible à
la vente au musée, au prix de 5 €. Egalement disponible à
l'expédition, contre réception d'un chèque de 5 € (à l'ordre
de Régie de recettes du musée), en joignant 1,98 € en timbres
pour les frais d'expédition.